Monsieur le Maire,
En ma qualité de doyen, j'ai eu le privilège de prononcer le discours d'ouverture de cette mandature.
Il vous appartient d'en déclarer la clôture.
Je vous remercie de m'avoir donné la parole à cette occasion.
J'aurais d'abord une pensée pour Albert PEYRON, mon camarade de combat trop tôt disparu.
Je voudrais aussi remercier tout le personnel municipal avec lequel j'ai eu l'occasion de travailler, pour la courtoisie et l'amabilité avec lesquelles ils ont accueilli mes demandes de renseignements, ainsi que pour leur compétence et leur disponibilité.
Je vous direz, Monsieur le Maire, mes chers collègues, tous mes regrets de quitter cette hémicycle dans lequel j'ai siégé durant 18 années, avec intérêt, avec plaisir et quelquefois même avec bonheur.
J'y ai connu trois maires et beaucoup de conseillers, j'ai étudié avec le sérieux qu'on me connaît, de nombreux dossiers et je me retire avec la satisfaction d'avoir rempli ici, un devoir d'état.
J'aurais poursuivi ma tâche avec plaisir et je me sentais capable de supporter encore six années d'opposition. Les circonstances en ont décidé autrement.
Je sais que certains doivent estimer que je suis trop âgé pour cela : je leur répondrai, en parodiant Corneille : je suis vieux, il est vrai, mais aux âmes bien nées, la valeur se mesure aux nombre des années.
Je partage avec mes collègues Apolline Crapiz et Claude Meyffret la caractéristique d'être un élu politique, c'est à dire d'avoir une certaine idée, et même une idée certaine de mon engagement, de ma vision de la société et de la manière de gouverner la nation.
Je n'ai que rarement tenu dans cette assemblée un discours vraiment engagé politiquement et je me suis consacré essentiellement à la gestion municipale. J'ai cependant l'intention de continuer mon combat bien que je me fasse, comme le Général, une idée de la France qui ne correspond plus tout à fait à l'époque actuelle. Je sais que ce combat sera très difficile, mais comme le disait le grand écrivain Jorge Luis BORGES, un vrai gentleman ne s'intéresse qu’aux causes désespérées.
Avant de quitter cette honorable assemblée, je vais faire repentance puisque c'est dans l'air du temps. J'ai souvent critiqué la loi sur la parité que je jugeais d'ailleurs humiliante pour les dames. Hé bien, je le regrette car, grâce à elle, vous avez, Mesdames, transformé cette assemblée en un jardin fleuri.
Le conseil municipal est la reproduction sur terre de la vie éternelle que l'Eglise Catholique nous présente sous la forme du Paradis (la majorité) de l'Enfer (l’opposition) et du Purgatoire (la minorité).
Grâce à mes avertissements de début de mandature vous avez su, mon cher Gilles, sortir du Purgatoire pour accéder bientôt au Paradis. J'en suis très heureux pour vous car vous êtes fait pour participer alors que moi, je suis fait pour m'opposer.
Monsieur le Maire, vous connaissez mon analyse : je crois que vous allez diriger la prochaine mandature. Je n'aurais pas l'outrecuidance de vous offrir des conseils; je sais qui vous n'êtes pas homme à les solliciter ni à les écouter et encore moins à les suivre; je ne vous souhaiterai pas bien du plaisir, car je sais combien votre tâche sera difficile, mais je vous souhaiterai bien du courage.
Adieu donc, Monsieur le Maire, mes chers collègues.
Sachez que je suivrai toujours avec attention les travaux de la nouvelle assemblée municipale.
Merci.
Paul BOREL, le lundi 25 février 2008